Aliona Biélanozhka: Scénario du succès

Le 16 décembre dans la Maison du Cinéma à Minsk, Bélarus, ont été annoncés les résultats du Concours républicain des jeunes scénaristes. Pour la création du scénario littéraire du dessin animé “Калядная казка” (Conte de Noël) la metteuse en scène, scénariste, écrivaine Aliona Biélanozhka s’est vu décerner le deuxième prix (le premier n’a pas été délivré). Cette interview avec Aliona traite de sa position créative, du travail dans les genres divers, de l’organisation et promotion des projets culturels.

– Aliona, mes félicitations pour le concours. De quoi s’agit-il dans ton dessin animé? Pourquoi serait-il intéressant aux spectateurs?

– Le scénario que j’ai rédigé, a l’idée que toute fille peut envahir le coeur de tout garçon. C’est un dessin animé style conte de fée, en biélorusse, tel qui nous manque surtout aujourd’hui. La bonté sur les écrans, est toujours actuelle, non?– Ce n’est pas ton première expérience dans les genres différents, parle-nous d’autres projets.

– La première expérience c’était une comédie musicale pour enfants « Pays Harmonie » à Mogilev, ma ville natale où je travaille actuellement. Mais je n’y ai pas fait de scénario, juste les textes de chansons. C’est ce que j’aime beaucoup faire et fais depuis longtemps – chansons pour enfants, pour adutes, pop style et autres. Parmi mes musiciens préférés pour qui j’écris avec plaisir – Ganna Sharkounova (pop musique), Yury Nestsyarenka (blues). Je travaille aussi pour les studios pour enfants. Deux spectacles de Noël ont été présentés à la petite scène du Palais de la République, Minsk, selon mes pièces, le metteur en scène – Anzela Toushynskaya, jeune et très ambitieuse.

En 2008 j’ai remporté le prix Chance dans le concours de scénarios de cinéma long métrage pour le scénario Sous la musique Vivaldi.  Maintenant je comprends que c’était une avance car à l’époque je ne savais même pas la bonne mise en forme du scénario. Mais je le sais déjà. Cela, je l’ai appris au studio cinématographique principal de Bélarus Belarusfilm – avec la rédactrice et productrice créative Aliona Kalunova nous avons travaillé tout l’été sur le scénario d’une comédie télévisée pour toute la famille. J’ai eu cette sorte d' »externat » cinématographique et dramaturgique, et j’en suis très reconnaissante à Aliona. Elle m’avait envoyé de la littérature appropriée en disant: Ne la lisez pas. Nous n’avons pas de temps pour cela! Nous allons tout assimiler en pratique ». Le scénario est fait, si tout va bien, il sera bientôt mis en production pour être en tournage en été: de nombreuses scènes sont à tourner en plein air, en nature, avec enfants.

Je crée aussi des scénarios de fêtes – municipales, républicaines.

– La littérature occupe aussi sa place dans ta vie – je parle de tes poèmes et récits publiés dans la presse républicaine. Comment tu vois ce domaine de création?

– La littérature m’a trouvée elle-même. J’écris depuis l’enfance. Je pensais que tout le monde le faisait. Ce n’est que plus tard que j’ai compris – ce n’est pas comme ça. Mais c’était déjà tard – la littérature m’a « accrochée ». Poèmes, récits… Dans la maison d’édition il y a mon roman déjà corrigé qui attend son temps. Derniers temps j’écris plutôt en biélorusse car Vika Trenas m’a amenée un jour littérallement « par la main » au Faubourg Littéraire.  Mais j’ai tout le temps l’impression que je n’écris pas ce qu’il faut et le sujet n’est pas bon, même si je teste mon matériel sur l’auditoire ciblé, et celui-ci approuve : Nous acheterions! Alors, il faudrait attendre peut-être. Les éditeurs ne seraient pas prêts. A chaque chose son temps.

– Que signifient des images françaises dans tes poèmes?

– Ce sont des images archétypes que chaque écolier connaît, avec lesquelles la France est associée – le pays d’amour. C’était pris exprès – la Tour d’Eiffel, le Louvre (monument de luxe et grandeur des dynasties françaises), les ballons dirigeables (vols et nostalgie) – comme les plus répandus, comme le premier pas avec lequel on commence la connaissance avec la France. A vrai dire, j’ai l’envie de visiter la France pour voir plus, découvrir-là pour moi-même.

– Tu as travaillé dans l’organisation des évènements culturels de masse pour le marché russe et ukrainien – quelle est leur différence du marché biélorusse?

– La différence réside dans les approches et les budgets. D’autres budgets exigent une autre qualité des évènements et artistes appropriés. En plus, il faut prendre en considération le contexte national. J’ai eu plein de choses mais en général dans ces pays les organisateurs sont plus courageux, ils peuvent se permettre plus que nous – par exemple, si on regarde la revue russe “Праздник” ou le prix MusTV.

– Les évènements culturels, sont-ils demandés chez nous? Peux-tu comparer l’expérience à Minsk et à Mogilev, ville régionale? Le profil de spectateur? Quel spectateur voudrais-tu pour tes évènements?

– Les évènements culturels sont toujours demandés. « Du pain et des jeux » – cette règle reste toujours actuelle. La question consiste en sommes d’argent que nos gens prêts à dépenser pour le spectacle. Selon ma propre expérience, à Mogilev il est beaucoup plus difficile d’organiser des évènements payants aussi bien que gratuits. La population ne dépense pas volontiers. Bien sûr, la différence de population – deux millions à Minsk et quatre cents à Mogilev. Alors par la suite, en ce qui concerne le spectateur: je voudrais voir le SPECTATEUR aux évènements. Qu’il arrive, je vais apprécier chaque venue.

– Le créateur qui est à la fois organisateur des évènements culturels – avantages et désavantages? Comment tu combines ton expérience de mise en scène et la littérature?

– Si nous parlons d’un tandem Créateur et Organisateur à la fois, c’est un point faible car le savoir des nuances du travail organisateur limite fortement la volée de création, bloque la créativité au niveau de subconscience. Mais si le Créateur est très compétent dans les courants d’art et de culture divers – c’est un avantage. Ma formation de metteur en scène, mon expérience m’aident beaucoup. Grâce à cela, je peux construire librement et parfaitement le sujet. Ajoutons-y la psychologie pour, d’une part, dévoiler bien les caractères des personnages, d’autre part – satisfaire les demandes du lecteur – ou spectateur – quand nous rédigeons le scénario. La vision artistique est très importante – avoir dans l’esprit une image de ce qui advient dans un poème, récit, scénario… En général, aujoud’hui l’époque exige d’être compétent dans les domaines créatifs divers pour réussir un seul au moins. L’autodidaxie est un chemin direct vers le multivéctoriel et au succès au bout du compte.

– Tes projets musicaux – comment sont-ils? Des projets?

– Je termine un rock-opéra. La musique, je l’ai déjà – composée par Andrei Sokolov – un mélodiste excellent, un bon compositeur. Et puis … on verra. Une comédie musicale en projets.

– Comment doit-être la publicité, la base marketing d’un projet culturel pourqu’il réussisse et trouve son auditoire ciblé? Y en a-t-il chez nous?

– Premièrement, la publicité doit correspondre à l’auditoire ciblé et être mise là où il est le plus facile de trouver cet auditoire. Il faut déterminer à qui s’adresse l’évènement – retraités, étudiants, adolescents, travailleurs, paysans, intellectuels (il n’existe pas d’évènement « pour tout le monde ») – et puis concevoir la publicité de manière qu’elle compense les dépenses. Faut-il par exemple, mettre de la publicité sur internet si l’évènement s’oriente aux gens âgés? Ou faut-il promouvoir un produit de beauté pour femmes à la chaîne TV pour la chasse et la pêche? Et si notre évènement s’adresse à 50-70 personnes, peut-être il serait suffit de buzzer tout simplement, mais le faire bien? Moi, par exemple, je vais souvent aux évènements que j’ai appris pas de la radio et des affiches, mais de quelqu’un que je connais, je crois que le buzz est une des formes publicitaires les plus efficaces. Dommage mais les projets culturels d’aujoud’hui dans le pays n’ont pas de budgets pour une publicité de qualité, correcte, bien réfléchie. Et les délais pour les préparer, sont très brefs, alors il n’y a pas souvent de temps pour les actions promotionnelles.

– Ton attitude aux concours créatifs – est-ce qu’ils stimulent la création des oeuvres dignes?

– Je les traite positivement mais seulement s’ils respectent les conditions suivantes: 1) leurs conditions sont très précises, détaillées, transparentes, 2) il y a des prix pour soutenir et 3) ce n’est pas organisé pour « promouvoir les siens ». Le travail créateur est très compliqué surtout pour « maintenir les siens ». Le travail créateur est très compliqué surtout si parler des mises en scène, cela prend toutes les forces, et pour créer quelque chose de bien, il faut s’y mettre à fond. Mais si l’auteur comprend pour quoi il travaille – il fera son mieux. Il faut encourager l’auteur.

– La culture d’élite et de masse – quelle est la spécificité d’apprpoche pour la promotion des oeuvres et pour le créateur lui-même?

– La question de rencontre: qu’est-ce que cela veut dire « élite »? Je ne me rapporte pas à l’élite pour certains indices. Je pense, au Bélarus il serait difficile de trouver l’élite « pure ». « Elite » et « intellectualité » ne sont pas égales, il ne faut pas les confondre. Elite – c’est un grand argent et une formation Cambridge (Oxford etc.), et ensuiet seulement – une intellectualité au niveau approprié. Et chez nous tout est une culture de masse, je demandepardon aux créateurs de culture et d’art, mais ils sont aussi de la culture de masse, et moi aussi.

– Quels sont les traits de caractère qui pourraient aider à un créateur et organisateur?

– Le créateur serait aidé par les cieux et l’absence de paresse. Et l’Organisateur, à part cela, doit être ingénieux, avoir le pied levé, être sociable et sincère car le mensonge ne sera jamais pardonné – personne ne va travailler avec lui s’il gâche sa réputation. Et l’essentiel, il faut être cent pour cent sûr: tu fais ce qu’il faut faire, et savoir en persuader les autres.

La version originale de l’interview en biélorusse a été publiée le 19 décembre 2011:


Publicités

2 commentaires Ajoutez le vôtre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s