Olga Loïko: pourquoi faire de la photographie si on peut juste photographier?

Cette conversation avec Olga Loïko tourne autour la photographie – mais c’est aussi le sujet d’une vie pleine d’émotions où elle trouve du temps pour voyager avec son fils, travailler dur, faire du sport, se passionner pour la musique et bien sûr photographier. Journaliste de formation, phylosophe-chercheur par vocation, elle transfère l’envie de s’exprimer dans la photographie, dans les récits de voyages qu’elle partage volontiers avec les autres personnes créatives.

photo Olga Loiko

– J’ai du mal à parler de la photographie. Pas suffisamment de connaissance et d’expérience et trop d’émotions qui empêchent parfois de juger la situation de manière objective. Aujourd’hui beaucoup de gens se passionnent pour la photographie. A notre époque de technologies digitales un sur deux possède un appareil photo, mais tout le monde ne peut pas photographier vraiment.

– Quand même cela ne t’empêche pas de pratiquer la photographie?

– A mon avis, l’expression même « pratiquer la photographie » est ambiguë: pourquoi faire de la photographie si on peut juste photographier et apprécier le processus. La photographie n’est pas un sport. Il n’y a pas de gagnants ni de ligne d’arrivée. On ne peut pas apprendre à photographier car c’est beacoup plus que nous pourrions imaginer. La photographie n’est pas soumise aux règles ou lois, même si prendre en considération qu’elles existent.

Pour moi c’est le moment de la recherche qui importe dans la photographie quand l’oeil cherche, la pensée travaille, et les émotions s’accentuent. Quand cet état n’est plus là, c’est une sorte de calme photographique qui advient qui est aussi important car après arrive le sentiment de faim et tu n’es plus préoccupé des objets, des lieux et de la manière de photographier, l’essentiel est de saisir ce moment, regarder dans le viseur. Parfois cela mène à ce que je commence à photographier tout ce que je vois. J’essaie de construire la composition avec des objets quotidiens qui tombent sous la main. La joie du processus ranime et redonne la stimulation d’avancer. Parfois il suffit d’un double appui sur le bouton pour avoir une image magnifique, et autre fois il faut prendre du temps pour trouver un bon raccourci, mais le plaisir de le faire récompense les efforts investis.

photo Olga Loiko

– Par quoi commence ta passion pour la photographie?

– Difficile de dire, peut être par l’amour des voyages que je tiens à mon père depuis l’enfance. Il a beaucoup voyagé, beaucoup vu et m’a raconté. J’aime aussi visiter les pays, je profite de chaque occasion pour partir. Je prends souvent mon fils avec moi. C’est intéressant d’observer comment l’enfant réagit au monde environnant. Nous sommes habitués à beaucoup de choses, et la connaissance est bien pour la rationnalité mais nuit souvent aux émotions.

L’enfant voit tout autrement, il a même un autre ravissement qui va du fond de lui, à travers des associations. Quand je suis à côté de lui, j’observe, regarde et reçois un autre sentiment et une dose incroyable d’émotions. Je deviens moi-même explorateur, rechercheur qui se réjouit d’une découverte dans les choses simples. Parfois je mettais des heures à observer des passants à travers la fenêtre ou étant assise sur un banc dans le parc. Je fixais des émotions dans mon blog ou mon bloc-notes. Cela n’était pas facile de décrire ce que j’ai vu car la mémoire garde plus de sentiments, émotions que de faits.

Puis j’ai compris que c’était trop peu pour moi, et j’ai eu l’envie de montrer aux autres ce que je ressens. C’est ainsi que j’ai eu dans les mains le premier appareil photo – Fuji que je n’ai pas laissé pour une minute car j’avais peur de rater un bon moment. Je me suis suprise à penser que quand on survis un évènement à travers des associations, odeurs, sons, même la photo devient autre. Ni meilleure, ni pire, juste autre. Car quand tu te sens triste, même le mur de la maison se chagrine, quand l’âme est en joie, en bonheur, même un bac à ordures change d’humeur. J’ai essayé de le photographier en fixant mes émotions dans tel ou tel moment.

photos Olga Loiko

– Est-ce que tu pratiques le traitement de la photo? Comment a changé ta technique pendant ce temps?

-Quand j’ai pris l’appareil photo dans les mains, je ne savais même pas ce que c’était le photoshop, je ne savais pas recadrer et diminuer la taille de l’image pour la mettre dans une galerie en ligne. Maintenant bien sûr je me sers des rédacteurs graphiques pour préparer les photos à imprimer ou présenter, mais je ne fais que changer d’éclat, contraste, recadrer.

– Acceptes-tu le changement cardinal dans tes photos?

– J’ai déjà presque tout dit à cette question mais j’ajoute qu’à ce sujetj’ai déjà ma propre opinion formée qui ne va pas changer. On peut rajouter tout ce que tu veux: un insecte, un humain, une ombre, mais pour moi dans ces cas c’est le sentiment d’inattendu qui disparaît aussi bien que la joie d’avoir saisi le moment, qui a beaucoup plus de valeur que des expériences de photoshop. Quand tu te mets en position d’observateur et chasseur, tu captes non seulement des photos et des sujets mais un état et ce moment heureux qui change l’image jusqu’à l’opposé, alors tu as le vrai plaisir de photographier. Je ne juge personne, car il y a des musiciens pour la musique électronique, et d’autres jouent en live, et les deux le font bien. Et j’aime des styles et courants divers dans la musique.

L’essentiel est le plaisir de ce que tu fais, et la sincérité devant toi-même et le spectateur. Car la photo transmet au spectateur l’état émotionnel de l’auteur, et pas besoin de voir aussi des recherches douloureuses de soi dans la photo et des excuses pourquoi cela est ainsi et pas autrement. Il ne faut pas mentir au spectateur, la déception peut être tellement forte qu’il sera très difficile de le faire croire de nouveaux à tes photos. Parfois même impossible.

photo noir et blanc par Olga Loiko

– Quel est ton genre préféré dans la photographie?

– Il est difficile là de parler des genres, je voudrais essayer tout et trouver quelque chose à moi à la fois. Au début je courais dans les rues avec l’appareil photo en recherche d’une occasion heureuse sans trop comprendre ce que je voulais. Maintenant je commence à me rendre compte ce que je recherche exactement mais j’ai encore du mal à imaginer comment le faire. Dans la photographie je ne voudrais avoir le photofait mais plutôt transmettre avec la photo un état ou une soi-disante émotion. Et j’aimerais le faire avec de la lumière et de l’ombre, des éléments peu évidents dans la vie qui peuvent devenir clés sur l’image. Quel serait le moyen de le faire, je ne sais pas encore mais je vais chercher. Car à mon avis, l’essentiel dans la photographie n’est pas ce que ressent l’auteur mais sa capacité de transmettre ces sentiments au spectateur. Car la photographie – c’est « pour ». Pour quelqu’un ou quelque chose…

– Comment captes-tu ces moments? Tu as un aperçu de ta future photo? 

– Je ne capte pas. Plusieurs fois les photos apparaissent après. Je pense que c’est vrai pour de nombreuses personnes, la situation où un détail à peine perçu décide l’image. Il y a un moment d’appel où tu marches, regardes et comprends qu’il va arriver quelque chose. Cela arrive, tu shootes, et en résultat l’image est faite non par ce qui se passait à ce moment mais par un reflet du soleil par exemple, qui entre à l’objectif.
D’habitude j’ai photographié beaucoup, et cela arrive parfois maintenant quand j' »avale » tout autour affamée photographiquement tout ayant l’envie d’apprendre à retenir et apprécier chaque image.

photos noir et blanc escalier par Olga Loiko

– Qui est-ce qui ou qu’est-ce qui est le plus difficile à photographier? 

– Il est difficile et impossible de photographier la joie quand j’ai le coeur gros. Je n’essaie même pas. Parfois on me reproche que pour une femme dans mes photos il y a trop de noir et blanc, trop d’angoisse sans issue, et je cherche à la transmettre au spectateur. Pourtant quand j’ai le coeur gros j’ai du mal à prendre l’appareil photo car pour moi le shooting est une telle volée d’émotions qu’il semble qu’à ce moment il n’existe rien au monde à part moi, l’appareil photo et l’objet du shooting. Parfois je comprends que lors du shooting je ne me fatigue pas des actions faites mais de mes propres émotions à ce moment.

Pour moi l’essentiel c’est le plaisir de photographier. Quand je ne l’ai plus, je commence à réfléchir et calculer. En résultat je n’ai rien ou la photo est trop académique et vide. Car dans la photo on sent toujours quand le photographe shoote lui-même ou son savoir de photographier, et quand il shoote quelqu’un ou pour quelqu’un. Je ne veux pas photographier comme le disent les manuels bien que je les lise avec plaisir et j’aime les expériences. Je voudrais shooter quelque chose suggérée par mon coeur. Là il y a aussi des « mais »: quand j’ai le coeur gros, les mains deviennent lourdes, l’oeil « aveugle », et l’âme ne vole pas. Et sans un vol il n’y a pas de photo.

– Comment cela se fait que tu préfère la photo en noir et blanc? Qu’est-ce que cela signifie pour toi? 

– Il semble, j’ai toujours été avec cela. Maintenant on peut initier tous les évènements précédents dans ma vie à ma passion pour la photo en noir et blanc mais en réalité tout est beaucoup plus simple. J’aime la photographie en noir et blanc comme telle.
Je suis élevée avec le cinéma noir et blanc. Dans une petite ville où j’ai passé ma jeunesse, il y a eu à l’époque très peu d’oppourtunités de voir une bonne photo sans internet et autres ressources, alors moi comme tout le monde, je me suis réjouie des photos de mes amies sur le fond du papier peint du studio et de la richesse de la couleur sur les premières photos colorées. Cette joie et le ravissement de la couleur est toujours présente mais je me suis trouvée dans une autre chose.

– C’est ainsi que naît ta série de photos « Cinéma muet »? 

– Une série – c’est trop fort. « Cinéma muet » est, à vrai dire, un appel spontané à rassembler des éléments qui ne sont pas vraiment rassemblables. Il y a quelque chose en commun, en général ce sont des extraits, des images. Je voudrais ajouter que « Cinéma muet » n’est pas seulement le cinéma où on ne parle pas, mais que ce n’est pas mon cinéma, mais des histoires à propos de ceux qui vivent tout près de nous. Ils sont des acteurs et c’est l’occasion qui est le réalisateur de ce film.

Cela s’est fait ainsi que je shootais de préférence en écoutant mes oeuvres de musique favorites. Quand on a la musique aimée dans les écouteurs, il semble que tout autour, tout le monde et tous les gens vivent et bougent au rythme de cette mélodie, tu vois une sorte de film musical rempli des évènements, pensées, émotions. Ton but est de « crier » à temps ton « Stop! Shooté! ». Il faut noter que cet état peut jouer une mauvaise tour avec toi car tu est le seul à entendre cette musique, et le spectateur ne l’entend non plus. Si tu n’a pas réussi à transmettre tes émotions et ton état au moment de shooting à travers l’image, le spectateur n’entendra jamais ces sons. Alors je mets ces photos, si elles me plaisent, dans mon blog, je les accompagne de petits récits et les considère comme un bon prétexte pour illustrer mes observations et pensées.

– Ton modèle favori c’est ton fils? 

– Eh, pour prendre des airs on pourrait dire ainsi. Bien sûr j’aime photographier mon fils, je suis prête à dévorer et absorber tout ce qu’il fait. Mais il ne s’agit plus là de la photo mais de l’amour et de la maternité. Tout parent garde dans des boîtes les premiers jouets, le premier dessin de son enfant. Je ne suis pas une exception mais à part les jouets, je peut garder aussi des photos. Et toute mère ou tout père le fera s’ils ont un appareil photo. il semble, chacun de nous va dire que c’est celui qu’il shoote au moment donné qui est son modèle préféré. Mais le mot « modèle » me gêne un peu. Je ne veux pas photographier des modèles – je veux apprendre à photographier des humains.

– Parle de tes animaux préférés. 

– Pour le moment nous n’avons que le chat nommé Nikon. J’espère que quand j’ai plus d’équipement photo, il y aura d’autres animaux dans la maison. Mon fils le voudrait bien. Heureusement, les marques mondiales dans la technique photo ne sont pas si nombreuses alors ma maison ne sera pas un grand zoo. Cette année j’ai réalisé enfin mon rêve -,j’ai commencé à apprendre l’équitation. Les chevaux sont des animaux fantastiques, on peut en parler, écrire, mais on ne saura jamais transmettre ce flux d’émotions positives que tu reçois même après un bref contact avec eux ou une promenade à cheval.

– Comment tu trouves du temps pour le tout – photographie, sport, voyages, mais encore travail et famille? 

– Je ne sais pas comment, cela m’étonne aussi. Souvent au dépris du sommeil et de la patience de mes proches surtout de mon fils que j’ai dû aussi initier à la photographie. Bien sûr ce n’est pas bien, mais je ne peux pas autrement. Quant au sport, c’est une autre histoire. Je suis accro de fitness et je ne peux pas m’en priver pendant longtemps, pour moi c’est autant important et nécessaire que la photo, la musique.

– Ce rythme intense est déterminé par ton tempérament? 

– Je ne sais pas, j’ai pas pensé à cela. Je vis juste à mon rythme, et comme tout le monde, j’ai des chutes d’activité. C’est bien d’avoir à ces moments quelqu’un qui peut monter l’esprit de combat, secouer, même rire de mes faiblesses, parfois gronder mais quand même me réveiller et faire reprendre ma place dans les rangs. Pour le moment j’ai des forces pour courir, faire quelque chose, et puis – on verra. Car on peut courir pour des raisons différentes. Quelqu’un court pour atteindre un but. Quelqu’un – s’enfuit de quelque chose. Et quelqu’un – car il aime courir tout simplement.

– Est-ce possible de devenir photographe ayant suivi des cours de photo? 

– Je n’ai pas fait de cours de photographie et ne peux pas le dire précisément. Il me semble, si l’homme y va avec un sentiment de la photo, une compréhension interne, cela peut l’aider. Car on peut apprendre à mettre l’éclairage, corriger la lumière, travailler avec le fond et l’entourage, savoir exactement la règle des tiers mais est-ce une garantie d’avoir de la vie dans les photos? L’éclairage, la couleur, la composition peuvent être présentes, et la photo – non.  En tout cas j’ai du mal à juger ce que je n’ai pas fait moi-même.

– Le meilleur compliment à toi comme photographe? 

– Quand la photo est claire à moi et quelqu’un d’autre. Je ne parle pas de « j’aime – j’aime pas », je parle de la compréhension et perception. Même si une personne a senti sincèrement cette photo avec moi, alors c’est bien fait. J’avoue, je suis très gênée quand on me dit « merci » pour la photo que je montre aux spectateurs. C’est comme remercier en réponse à une déclaration d’amour. Il me semble, si le spectateur s’arrête devant ton oeuvre juste pour un moment, c’est le meilleur compliment pour tout homme passionné par la photographie. Et tout autrement sont interprêtées les mots de remerciement des gens quand tu leur rends leurs photos personnelles.

– Quelle est ton attitude envers la photo commerciale? 

– J’ai une bonne attitude. Mais moi personnellement je ne peux pas le faire. J’ai du mal à traverser la barrière des relations financières avec celui que je photographie. Je n’ai pas encore appris à me réjouir et être heureuse pour l’argent. Et je ne peux pas photographier sans joie. Mais j’assisterais avec plaisir à un shooting commercial, peu importe, un shooting de mariage ou le travail sur un projet. Je pense que c’est très passionnant, se sentir réalisateur pour quelque temps.

– Où est-ce que tu voudrais aller? 

– Si parler globalement, à Venise. Le plus probablement, c’est à cause des films que j’ai regardés en enfance et qui ont laissé un sentiment romantique dans l’âme. Et si être plus réaliste, je tiens à la mer car j’aime beaucoup l’eau. Une grande quantité d’eau me calme et m’assure, équilibre mon humeur, rafraîchit les pensées.

– Qu’as-tu voulu devenir en enfance? 

– En enfance j’ai rêvé d’être ballerine, puis faire du patinage artistique. J’ai été réorientée – pendant cinq ans j’ai joué au basketball et attendu patiemment le moment où je pourrais pratiquer le sport que j’aimais. Jusqu’au maintenant je suis avec intérêt les succès des patineurs russes.
J’ai rêvé de chanter sur la scène et jouer du piano et de la guitare classique. Au lieu de cela j’ai dû aller apprendre les instruments populaires car il n’y a pas eu de places au cours de piano. Je suis toujours fascinée par la guitare électrique.
Puis j’ai voulu être journaliste, ce métier m’a paru être fait pour des romantiques et chercheurs des aventures. J’ai reçu pour la première fois le soutien des proches, je suis entrée à l’université et je l’ai terminée, j’ai travaillé, et il s’est avéré qu’il n’y avait pas de romantisme et d’aventures attendues dans ce métier. Mainenant j’ai trouvé des branches intéressantes dans cette profession et je les assimilie avec plaisir. J’aime bien mon travail même si ce n’est pas vraiment ce dont j’ai rêvé.

– Ta photo la plus extraordinaire?

– J’espère, ma photo la plus extraordinaire m’attend encore.

– De quoi as-tu peur dans la photographie?

– De quoi ai-je peur? Peut être de ne plus avoir de flash dans l’appareil photo à un moment très important, et de ne pas prendre alors cette photo la plus extraordinaire.. Et si sérieux, j’ai le plus peur de pronostiquer, quand on planifie avec soin. Comme d’habitude, en résultat on n’a rien, juste une déception complète à l’intérieur. Car quand on fait quelque chose spontanément, sans se limiter par des exigences, alors même si au bout du compte le résultat ne te satisfait pas à 100 pour cent, il te reste toujous cette joie et le sentiment d’être rempli par ce que tu as vécu à ce moment.

L’interview avec Olga Loïko a paru il y a quelque années (version russe: http://www.minchanka.by/minchanki/olgaloyko.html) et depuis lors Olga a beaucoup de nouvelles photos que vous pouvez voir en suivant ce lien:

Portfolio photographe Olga Loïko 

Site web de la photographe Olga Loiko – Galerie photos

Interviewer Yuliya Novik

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