Galina Dmitruk: Les hommes m’inspirent à créer des poupées

Cela fait déjà 7 ans que journaliste de métier, professeur de langue et littérature biélorusse Galina Dmitruk crée des poupées extraordinaires ce qui est devenue son activité principale. L’exposition de ses oeuvres est ouverte à Minsk jusqu’au 30 mars.

expo poupées Galina Dmitruk

Galina Dmitruk est connu au Bélarus et à l’étranger comme maître de la poupée d’intérieur d’auteur. Les oeuvres ont été exposées au Bélarus, en Russie, Ukraine, Azerbaïdjan, Allemagne, Belgique, République tchèque, Espagne. Les poupées par Galina sont l’égérie de la société The Clay and Paint Factory (Belgique) et de la marque populaire du matériel de sculpture Darwi. En sept ans l’auteur a créé près de 100 poupées. Les oeuvres se trouvent dans les collections privées au Bélarus, en Russie, Ukraine, Allemagne, Suisse, Belgique, Espagne, République tchèque et aux Etats-Unis. 

Galina expose rarement ses oeuvres extraordinaires au Bélarus: une ou deux fois par an. Alors les visiteurs de son exposition « Lux Interior » n’ont pas cessé de l’harceler par des questions: pourquoi les poupées sont si sinistres ? elles sont pas effrayantes? qu’est-ce que vous voulez dire par cette poupée-là? quel est le matériel de base? comment influent ces poupées sur votre vie? Galina a répondu aux questions en souriant en précisant qu’il n’y avait rien de démon dans ses travaux. 

Ce ne sont que les poupées – ce sont les poupées-toiles découvrant l’ambiguïté des notions « liberté », « mode » et « beauté » – elles nous regardent de la semi-obscurité des compositions avec des yeux éblouissants de lumière interne. L’intérieur est repensé par Galina Dmitruk comme l’espace interne. Et les poupées deviennent plus qu’une partie de l’intérieur – elles possèdent leur propre espace interne rempli d’émotions contradictoires, annoncent les curateurs de l’exposition. Mais Galina elle-même rejette absolument la notion de la « mode » à l’égard de ses poupées:  Aux visiteurs de l’exposition je voudrais dire que ces poupées n’ont rien en commun avec la grâce féminine ni avec le business de mannequinant – absolument rien.  

 

Je n’aime pas du tout parler des poupées – je préfère les faire. Mon mari a la même opinion. Je n’ai pas envisagé de faire une exposition au Bélarus. Les gens qui me connaissent, vont confirmer que je suis très sincère, honnête et ambitieuse. Si je vois que le public ne me comprend pas, je ne vais pas parler avec ces gens. Il arrive, j’ai du mal parfois à trouver le contact avec le spectateur biélorusse, mais ici il y a plein des gens étonnants, bons et intelligents, et j’ai les meilleurs sentiments à leur égard. A cette ouverture je vois le public nombreux alors il y a des gens qui s’intéressent à cela. 

Vous y voyez la plupart des images de femmes mais j’ai été inspirée par les hommes à leur création. (…) Il me semble, je vis dans une autre vie, pas comme les autres gens, je suis toujours dans mes fantaisies. J’aimerais croire que mes fantaisies vont changer le monde vers le mieux…

Ce ne sont pas les oeuvres méchantes, noires ou dramatiques. Ce sont juste des oeuvres compliquées. Une fois compris, vous allez éprouvez du catharsis, je promets! 

L’artiste biélorusse connue Anna Silivontchik a assisté à l’ouverture de l’exposition. Elle partage ses impressions: Je suis émerveillée par le fait que Galina comme artiste est très organise dans sa création. Ce que nous voyons dans ses oeuvres, ce sont probablement les autoportraits de l’artiste, ses états et humeurs, et au contraire – en regardant Galina on imagine ses poupées. Cela témoigne que l’artiste est vrai, honnête dans son ouvrage, ne ruse pas, et ça coûte cher… 

Bien sûr le spectateur européen est plus prêt à quelque chose hors du commun, et provocateur, à quelque chose qui n’est pas trop « arrangé » comme c’est souvent chez nous. Mais d’autre part, cette exposition peut avoir une réaction, un retour – peu importe, positif ou négatif – cela sera bien en tout cas. En Europe, peut être, cette exposition n’aurait pas de résonance. 

Galina passe facilement à la langue biélorusse : Avec les spectateurs et collectionneurs biélorusses j’ai du mal à communiquer. Ici il y a trois ou quatre personnes qui achètent mes poupées. Par contre, avec les européens, plus mobiles et actifs, je trouve facilement le contact – mes nombreuses poupées sont dans les collections privées en Europe. Et si quelqu’un achète une poupée, il va acheter la deuxième et troisième – cela comme une drogue, et les poupées intéressent les gens plus de 40 ans, et pas la jeunesse comme plusieurs croient. Ce sont les oeuvres pour ceux qui ont vécu dans ce monde et comprennent mes idées.

 

Source de l’info en russe sur Naviny.by  (auteur du texte original et photos Asia Paplauskaja)

Un extrait de l’Interview en russe sur Gastronom.By  :

— Tu appelles ton style réalisme décomposé. Y a-t-il d’autres maîtres – peintres, sculpteurs qui oeuvrent dans cette manière?  

— Le réalisme dans mes oeuvres reste dans l’interprétation de la peau, du corps même, de l’anatomie humaine. Mais en même temps quelques éléments peuvent être hypertrophiés, décomposés. Malgré les proportions et l’originalité de mes poupées, elles sont quand même réalistes. Par exemple, j’utilise toujours les yeux en verre – à mon avis, ils ont l’air plus naturel. Et même si les gens nomment souvent mes oeuvres surréalistes, j’ai un autre avis.

J’aimerais essayer plusieurs techniques différentes, et je suis souvent inspirée par les auteurs qui ne se ressemblent point. J’aime beaucoup les photos d’Oleg Dou qui fait des miracles avec le photoshop et les visages humains, j’aime les oeuvres 3D du peintre Ray Caesar, les oeuvres merveilleuses de Lory Earley qui rappellent un peu mes poupées. Si parler des créateurs des siècles passés, j’aime beaucoup Gustav Klimt – pour sa capacité de combiner les styles différents et pour sa sincérité. Et bien sûr, Dali – ma création a commencé par lui. 

— Galina, est-ce que tes poupées te ressemblent?

— Dans ma création je cherche toujours une apparence, une figure parfaite. Ici on voit une parallèle avec l’oeuvre Le Parfum de Zuckind où l’héros principal a cherché une odeur parfaite. Bien sûr, je ne tue personne pour faire mes poupées mais mes recherches sont un peu pareilles (sourit- remarque auteur).

J’observe attentivement les gens autour, mémorise quelques détails de l’apparence, des mouvements qui me semblent beaux. Et tout cela en espérant avoir un jour une proportion parfaite.
Je considère très peu de personnes comme beau et pas moi. Alors j’ai toujours renoncé l’idée que mes poupées me ressemblent – elles sont tellement belles! Mais ensuite j’ai remarqué que je les marque inconsciemment par des grains de beauté – j’en ai plein. En le faisant je crois qu’ils vont offrir un certain destin aux poupées. Ensuite j’ai remarqué que leurs nez, sourcils et même rides se ressemblent aux miens. Je l’ai vu seulement un an et demie après avoir commencé à pratiquer cette activité de dollmaking. 

Visiter l’exposition (ouverte jusqu’à 19h du 30 mars):

Musée d’art moderne, Minsk, av. Nezavisimosti, 47

Horaires: 11h-19h, sauf dimanche et lundi fériés

Page facebook https://www.facebook.com/GlinaDolls

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