Alexander Knyrovich: j’investirais dans la production des brioches plutôt que dans un IT-projet

La communauté biélorusse des business angels et investisseurs en capital risque BAVIN existe déjà depuis trois ans. Actuellement elle compte plus d’une dizaine d’hommes d’affaires éminents dont le fondateur de la société Onega Sergey Metto, le co-fondateur du groupe de compagnies KRAFTTRANS Dmitry Gannota, le gérant de la société GOUSSAROV GROUP Andrei Goussarov et d’autres. Pourquoi les hommes d’affaires en succès investissent dans les projets jeunes et avec du risque, raconte le Président de la direction de la Communauté des business angels BAVIN, copropriétaire de plusieurs sociétés dans l’énergétique, le développement, les mass-médias et event-management Alexander Knyrovich.

Delo.by: Alexander, parmi les projets analysés par les business angels l’année passée, lesquels ont plu le plus, lesquels ont eu des investissements?

Alexander Knyrovich: Malgré que durant l’année passée plusieurs centaines des projets nous ont été communiquées, mais seulement quatre ont été financés. Premièrement c’est une chaîne de joaillerie et de montres ORO où les buisiness angels ont investi près de 120 000 dollars sans compter l’emprunt à court terme. Deuxièmement, c’est une plateforme en ligne Lendwings pour regarder les cours vidéo payants. Troisièmement, c’est un projet de location de ballules pour le zorbing au Bélarus. Et un autre projet – version pilote d’une émission télé sur le sujet de sturt-up « L’argent réel » où le prix final constitue un milliard de roubles pour lancer le business. Nous analysons aussi deux autres projets intéressants mais ils n’ont pas encore été financés.  

D: Il s’avère, que d’une centaine de projets seuls 1 ou 2 sont financés?

А. К: Oui, et cela concerne non seulement le Bélarus. D’habitude, 1,5-2% des start-ups au monde obtiennent un financement.

D: Cela veut dire que les autres ont les idées ou business plans pas suffisamment bons ? Quelle est la raison principale quand un start-up quelconque ne passe pas ?

А. К: Il y a plein des idées intéressantes et projets. Mais ce n’est pas un problème. Par exemple, quand j’observe un projet je me pose plusieurs questions. S’il m’est intéressant de travailler dans ce domaine, si je veux avoir affaire à ce business? Sera-t-il bénéfique ? Et, enfin, si j’ai confiance en la personne qui présente le projet et va le gérer ? Souvent tout est parfait, l’idée est bonne, il y a du potentiel, mais l’auteur du projet, disons, est amateur. Ou, au contraire, il est professionnel dans son domaine mais n’a pas de capacités d’entrepreneur évidentes.
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Sur la photo: Alexander Knyrovich (à droite) est honoré par le prix « Meilleur mentor »

D: Cela fait trois ans qu’au Bélarus ont apparu les premiers business angels. Comment vit aujourd’hui cette communauté – évolue-t-elle, arrivent-ils de nouveaux investisseurs? 

А. К: Quand nous avons apparu, c’était une sorte de boom. Pratiquement tous les projets ont eu un retour, une série des rencontres et présentations. Aujourd’hui c’est plus tranquille. Oui, il y a des projets intéressants. Mais la réaction est plus modérée. Quant aux nouveaux investisseurs, ils apparaissent de temps en temps. D’habitude, la personne visite plusieurs sessions, choisit un projet et décide après s’il y a l’envie de continuer ou non. C’est le principe d’une équipe de football: quelqu’un arrive, quelqu’un part, mais la base reste. En ce moment nous avons 12 fondateurs et cela suffit.

D: Alors vous ne planifiez pas d’agrandir l’ampleur dans un prochain temps?

А. К: Si, mais cela serait avec le temps. Pour le moment, vu le contexte qui se forme au Bélarus, ce nombre des business angels suffit. Si le mouvement de start-ups va évoluer, le climat d’affaires va améliorer, il y aura des conditions pour vendre les start-ups réussis et avoir du profit, viendront de nouveaux investisseurs. Je pense, dans une dizaine des années au Bélarus pourraient travailler 80-90 business angels importants et investisseurs de risque.

D: A votre avis, quand le premier fond de risque classique comme en Europe et aux Etats-Unis apparaîtra au Bélarus?

А. К: En créant BAVIN nous avons initialement eu l’idée d’organiser un fond de risque. Un petit. Mais ensuite nous avons pensé qu’un fond c’est comme un mariage. Cela est vêtu de certains engagements: il faut avoir une stratégie, des approches communes aux risques etc. Nous n’avons pas été prêts à cela alors choisi une forme où nous analysons et évaluons les projets ensemble mais investissons de manière individuelle. En plus, un fond c’est un argent d’autrui, ce qui contredit en sorte à l’ idée des business angels. Car un business angel est celui qui risque son propre argent.

Du point de vue des conditions, je ne vois aucun problème: de structure, de lois ou taxes. Autre chose que notre activité d’entrepreneur est en mauvais état. Au Bélarus le niveau général de management ne permet encore pas de vendre une société aux investisseurs étrangers sans soucis. Et même si une grande entreprise se prépare aux ventes, cela implique la restructuralisation sérieuse de l’administration, de la comptabilité financière etc. Ici les sociétés qui ont eu IPO, sont à énumérer jusqu’à 5. Pour beaucoup cela doit au fait d’avoir l’argent très cher – le taux de 45% annuels ne contribue point à l’investissement. Alors des fonds arrivent et partent dans un temps. Mais je suis sûr qu’au Bélarus il y aura un fond de risque. C’est inévitable.

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Sur la photo: Alexander Knyrovich lors d’une session de présentation BAVIN, 2013 

D: Vous avez dit une fois que les business angels ne sont plus intéressés par les projets IT mais par le business réel. C’est-à-dire?

А. К: Lors de mon activité à BAVIN j’ai compris que tous les projets qui nous arrivent, peuvent être conventionnellement répartis en quatre types. Le premier type ce sont « des filles et garçons ». Ce sont les jeunes gens qui ont leur business au niveau d’une idée, la toute première étape, où il n’y pas de personne physique. D’habitude, leurs exigences ne sont pas grandes, mais pour en avoir quelque chose de bon, il faut passer du temps. Le deuxième type – « des inventeurs fous ». Les gens qui à l’époque soviétique ont travaillé comme ingénieurs, scientifiques et aujourd’hui sont jetés sur le pavé. ILs apportent d’habitude un grands tas de leurs inventions mais ne comprennent rien quoi faire avec. Le troisième type – ce sont les IT projets. Et enfin, le quatrième type – les gars qui ont leur business qui marche déjà. Et, leur business le plus souvent n’est pas innovateur mais compréhensible du point de vue de monétisation. Personnellement pour moi ces projets réels sont plus intéressants.

D: Et qu’est-ce qui ne va pas avec IT? Dans le monde entier, on dirait, c’est le type presque le plus profitable parmi les start-ups.

А. К: Plus d’innovations dans le projet, plus de risque. C’est que du point de vue d’IT nous avons une situation suivante: plusieurs travaillent dans ce domaine, mais dans la plupart des cas c’est du développement outsource. Très peu de sociétés biélorusses créent leur propre produit. Mais si ce projet apparaît, pour ces gens 40-50 mille dollars que nous pouvons proposer, est un petit argent. Pour un projet IT normal 300-400 mille dollars est un minimum. Et je ne suis pas prêt à risquer cet argent. Alors il me serait plus intéressant de soutenir, par exemple, la production des brioches pour une région biélorusse plutôt qu’un projet IT.

D:  En quoi pour vous personnellement consiste la valeur d’une organisation comme BAVIN? Pourquoi les hommes d’affaires en succès investissent en projets risqués?

А. К: Pour moi la valeur de BAVIN est d’échanger de l’expérience en arrivant à une session de présentation ou de discussion du projet. Par exemple, j’aurais connu par aucun autre moyen comment Sergey Metto de « Onega » ou Sergey Ashkinadze de « Premia » voient le business. Et ils ont des regards différents. Chacun a son expérience positive mais les approchent se diffèrent. Lors de cette communication tu apprends aussi. On peut dire qu’en ce temps nous avons formé un certain club par intérêt et cela nous plaît. En plus, peut être, nous sommes des gens enclins à un certain risque. Alors il nous est intéressant d’investir dans les « jeunes » projets et observer si le projet booste ou non.

D: Alexander, vous observez souvent les jeunes Biélorusses lancer leur premier business. Et quel était votre propre start-up?

А. К: Mon start-up était très intéressant. A l’âge de 21 ans je gardais le bureau d’une petite société de mes parents qui s’appelait à l’époque « Sarmat ». Mon premier gain a été 50 dollars pour y avoir passé une nuit sur deux. Ensuite j’y ai travaillé comme une sorte de collecteur – je recueillais les dettes chez ceux qui ne voulaient les rendre à la société des parents. Déjà j’étais encore très jeune et tout ce que je pouvais – venir, regarder honnêtement dans les yeux de ces gens et leur demander de rendre l’argent. Une fois l’Usine moto-vélo de Minsk a rendu la dette par des … vélos, et j’ai du les transporter une par une, ensuite j’ai essayé de les vendre. Ainsi, en tous ces ans, quand mes parents avaient une chose à faire, ils me le proposaient. Je répondais: « Je ne sais pas le faire mais je vais essayer ». Alors j’essaiais de ne pas refuser. Et cela a abouti qu’en 1998 en 24 ans je suis devenu directeur de leur petite société « Sarmat ». Aujourd’hui j’ai 40 ans et je suis propriétaire d’un groupe des entreprises assez réussies.

D: Avez-vous votre propre secret comment réussir dans les affaires?

А. К: Je crois qu’en tout endroit on peut faire un business et gagner de l’argent. Et il n’est pas important de quoi vous vous occupez. Il y a une tonne d’opportunités autour. Alors je pense que la question n’est pas dans l’idée mais dans les gens. Et le succès consiste en construire avec eux de bonnes relations pour le business.

Pour l’interview un remerciement au magazine d’affaires DELO –  delo

Source de l’article en russe

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Louyot dit :

    Je ne suis pas dans les affaires mais il me semble qu’Alexander a un point de vue réaliste.
    Une brioche « vaut mieux que deux tu l’auras » surtout en ce jour de la Saint-Valentin.

    J'aime

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