Boris Pahor, portrait d’un homme libre

Le documentaire « Boris Pahor, portrait d’un homme libre » de Fabienne Issartel donne la parole au grand écrivain slovène de Trieste, Boris Pahor, qui aura bientôt 101 ans. Découvrez la projection en avant-première de ce documentaire, en présence de Boris Pahor, le samedi 14 juin 2014 à 11H15 au cinéma “ LE SAINT ANDRÉ DES ARTS ” (30 rue Saint-André des Arts, 75006 Paris – MÉTRO St Michel). L’événement est organisé grâce au soutien de l’Ambassade de Slovénie et des éditions “ Pierre Guillaume de Roux “ et “ La Table Ronde “.

« Ce film inédit existe grâce à l’engagement complice de professionnels qui croient, comme moi à la portée universelle du message porté par la parole de cet écrivain slovène de Trieste qui a traversé le siècle en homme libre », avoue la réalisatrice Fabienne Issartel.

Boris PahorCet européen humaniste, rescapé des camps, qui a traversé le siècle, nous livre dans ce film sa vision d’un monde où, pour gagner sa liberté, il a dû sans arrêt lutter contre les totalitarismes qui ont croisé sa vie. Tout commence à Trieste en 1920 quand il voit enfant les “ Chemises Noires “ de Mussolini mettre le feu à la Maison de la Culture Slovène tout près de chez lui. Puis on lui interdit de parler sa langue slovène. Le petit Boris doit devenir italien de force. Ce traumatisme sera le moteur de son existence. Toute fumée ensuite, et jusqu’aux rougeoiements le soir dans le ciel de Trieste, lui rappelleront sans cesse que l’incendie lui a volé son âme. C’est avec la culture justement et sa machine à écrire qu’il participe auprès des siens – les Slovènes – à la résistance contre le fascisme, le nazisme, puis plus tard, le communisme de Tito. Il sera conduit pour cela, après 43, dans les camps nazis. Interné notamment en France au camp du Struthof, il ne devra sa survie qu’à sa capacité à parler de nombreuses langues étrangères et notamment l’allemand. Son récit des camps, « Pèlerin parmi les ombres », publié d’abord en France en 90, est souvent comparé à celui de Primo Levi “ Si c’est un homme “. De retour à Trieste, après la guerre, il dirige une revue littéraire engagée – “ Zaliv “ ( Le Golf ) – qui est acheminé clandestinement vers la Yougoslavie, redonnant du souffle à ceux auxquels on a muselé la parole derrière le rideau de fer. Il paye cher sa liberté. Boycotté d’un côté en tant que slovène par les intellectuels de la communauté italienne de Trieste, il est aussi interdit de séjour de l’autre, par la Slovénie de Tito. Il passe ainsi une grande partie de son existence dans l’anonymat. Professeur de littérature italienne pour gagner sa vie, il poursuit pourtant inlassablement son travail d’écrivain dans la cave de sa maison ou dans la solitude du plateau du Karst.
“ Reconquérir dans ma langue mon pays : c’est la première liberté que je me suis donnée ! “, dit Boris Pahor.

En 2008, après voir lu ses ouvrages traduits en français, je décide d’aller lui rendre visite chez lui à Trieste. Je suis tout de suite fascinée par son étonnante énergie ! Boris Pahor me raconte alors son histoire, par
bribes, dans un excellent français. Au récit de sa vie se superpose naturellement, l’autre histoire : celle de nos rencontres entre 2008 et 2013. Je filme souvent seule, persuadée que je dois faire ce film. Que ce soit
avec Stéphane Hessel à Paris, au camp du Struthof dans les Vosges, chez lui à Trieste, ou à Bruxelles pour la remise d’une médaille du Citoyen Européen, Boris Pahor est toujours le même, préoccupé de vérité et de
justice. C’est un message de mémoire qu’il nous donne, mais aussi d’amour pour l’humanité. Car il aime à dire que l’amour l’a sauvé de tout. Son amour pour les femmes, pour « la Femme », transparaît partout dans
son oeuvre dans des pages très sensuelles. Son amour pour la vie se lit aussi en direct, dans ses yeux irradiant d’une lumière étrange, quand il aborde à la fin du film dans la brume au sommet du Nanos, l’idée de
sa propre disparition. Vivre en homme libre rendrait-il immortel ? » La réalisatrice.

Montage : Slobodan Obrenic, Mixage : Rémi Bourcereau
Textes littéraires de Boris Pahor dits par Marcel Bozonnet
© Sycomore Films/Fabienne Issartel
Contact : fabienne.issartel@wanadoo.fr
Entrée des spectateurs à 11H15 précises – Dans la limite des places disponibles
Une signature des ouvrages de Boris Pahor aura lieu à l’issue de la projection.

Voir l’article paru après la présentation

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