Une Biélorusse a tourné un film sans budget – première le 11 juillet à Minsk

Le 11 juillet au cinéma « Pobeda » à Minsk (adresse- rue Internacyjanaĺnaja, 20) sera diffusée la première d’un film long métrage « Zlo » (« Le Mal »). C’est le premier travail de la jeune réalisatrice biélorusse Irina Bel. Elle a tourné un drame de famille pendant trois années, avec ses propres forces sans s’adresser aux investisseurs. L’agence d’information biélorusse BELTA raconte son histoire:

Irina Bel jeune réalisatrice biélorusse
– Il y a quelques années je n’ai pu même penser que ma vie serait liée avec le cinématographe, raconte Irina.  Je suis économiste d’après la première formation. Ayant travaillé un peu dans ce domaine j’ai réalisé que les chiffres ne m’intéressaient pas. L’âme aspirait à la création. A ce moment j’étais déjà mariée, avec un enfant. Et une fois, en me promenant dans la ville j’ai rendu visite à l’Académie des Arts d’Etat biélorusse. Là j’ai rencontré par hasard le chef de la chaire de la mise en scène cinéma et télévision Vladimir Zabello qui m’a conseillé d’essayer le cinéma. En ce temps il cherchait des lecteurs pour le cours de deux ans à la base de la première formation supérieure reçue. En 2011 non sans fierté je tenais dans les mains mon deuxième diplôme – cette fois avec la qualification « réalisateur ».

– « Zlo » est votre premier travail sérieux. De quoi s’agit-il dans le film?

  • Le sujet tourne autour une histoire tragique d’une femme qui subit la violence dans la famille. Le film s’est avéré psychologique. Il montre les souffrances d’âme et la vie dans la méfiance. Les notions du mal et du bien se confondent souvent, il est difficile de les distinguer. Ayant regardé le film, chacun décide pour lui-même ce qui est bien, ce qui est mal.
les acteurs d'un film biélorusse
Interpréteurs des rôles principaux – Ivan Trous et Ekaterina Ergoulevich.

– Comment s’est fait le casting ?

  • Avant de tourner mon propre film j’ai dû travailler comme assistante du réalisateur de casting dans le projet « Ukrast Belmondo » (Voler Belmondo) où au tournage j’ai trouvé les interprétateurs de rôles dans le film. Je suis hereuse d’avoir vu Ivan Trous, Andrey Dobrovolsky et Sasha Vergoun accepté ma proposition sans hésitations.

Pourtant j’ai dû chercher longtemps l’actrice pour le rôle principal. Selon le scénario elle devait avoir l’air de 30 ans ou plus. Au bout du compte on a validé Ekaterina Ergoulevich – à l’époque étudiante de l’Académie des arts. Après elle s’est fait parler comme actrice prometteuse du théâtre dramatique de Mogilev. Un petit rôle a été destiné aussi au dramaturge Serguey Antselevich.

J’ai invité mes amis et connaissances pour les scènes de masse. Ma famille s’est promue aussi – mon mari, ma belle-mère et mon petit films Misha ayant à ce moment 2 semaines, ont participé dans des épisodes.

– Qui a travaillé avec vous sur le film ? 

  • L’opérateur-metteur en scène Artsiom Koutchinsky. Nous nous sommes trouvés dans les réseaux sociaux: j’aspirais à tourner un film, lui – à faire le travail de fin d’études. Ainsi la question d’avoir une caméra a été résolue. Artsiom faisait ses études à l’Académie des arts où on autorisait les étudiants à emprunter l’équipement hors de l’Académie. La musique pour le film a été composée par l’étudiante de l’Académie de musique biélorusse d’Etat Anna Amozova. Au total une équipe de vingt personnes a travaillé sur le film, les acteurs et actrices incluses. Et presque tout le monde l’ont fait en bénévolat, sans honoraires.
actrice biélorusse Ekaterina Ergoulevich
Ekaterina Ergoulevich, rôle principal

– Qui vous a inspiré en idées ? 

  • Deux personnes m’ont accordé une aide formidable. C’est mon pédagogue Vladimir Zabello qui est devenu le rédacteur du film. A son temps il a aussi approuvé le début de mon collègue de cours Andrey Mychko « Nebo vezde odinakovoe » (Le ciel est partout le même) qui a éclaté dans le cinéma biélorusse.  A aidé par beaucoup l’artiste populaire de la Russie Alexandr Pankratov-Tchiorny. J’ai fait sa connaissance lors du tournage du film « Ukrast Belmondo ». Il est une personnalité incroyablement intéressante qui s’est montré comme acteur mais aussi réalisateur. Une fois il a dit: « Maintenant il manque de films qu’on tournait après la guerre. Dans ces films une idée était vive, les personnages étaient charismatiques, alors les gens ont regardé avec plaisir. Il faut essayer de restaurer cette atmosphère, la transférer dans le monde contemporain ». Je m’en souvens toujours comment il me l’a dit. Pour un réalisateur débutant il est très important d’entendre des paroles comme ça. Cela motive énormément.

– Et où a eu lieu le tournage ?

  • Le tournage principal s’est tenu dans un village à Polesye. C’était problématique pour trouver une vieille maison convenable au scénario. Nous avions besoin d’une maison habitable avec le toit troué nécessitant des réparations. Enfin nous avons trouvé. Les propriétaires, un homme et une femme, ont accepté d’habiter dans un autre endroit le temps du tournage, malgré des problèmes avec la santé. Et comme nous avions besoin de présenter toutes les saisons de l’année, le couple a subi de grands inconvénients.

Des cas extraordinaires ont eu lieu. Il y a plein de chats dans le village mais il s’est avéré lors du tournage que l’actrice principale souffrait d’allergie au poil. Elle a dû jouer avec des produits antihistaminiques dans le sac.

– Vous avez tourné le film avec votre argent. Combien cela a coûté ?  

  • Environ $3 USD. Mais ce n’est pas la somme finale. Maintenant je promeus le film sur internet, lance la publicité sur la radio, une actualité sur la télé – ce n’est pas gratuit tout ça. D’ailleurs lors du tournage je n’ai pas abaondonné mon premier métier et travaillé comme économiste. Cela a permis de m’occuper de ma passion.

Il était très dur de monter le film. Le mari a menacé deux fois de me chasser de l’appartement pour avoir dépensé tout le budget familial pour mon rêve (elle rit).  C’est qu’il travaille dans une structure d’Etat et alors l’argent ne tombe pas du ciel. Mais on a réussi à le faire… Beaucoup d’efforts et de santé ont été investis. Je pensais ne pas pouvoir terminer le film. Uniquement grâce au soutien de mes proches et de toute l’équipe créatrice j’ai pu mener l’affaire à la fin.

jeune acteur d'un film biélorusse
Le jeune acteur Sasha Vergoun s’est comporté comme un adulte sur la plateforme de tournage. Il s’est impliqué dans le travail pratiquement sans explications du réalisateur.

– Vous n’avez pas eu l’idée de participer au concours du Ministère de la culture sur la production des films ? Au cas de la victoire cela aurait pu résoudre le problème de budget.  

  • Les spécialistes qui ont regardé les film, ont dit la même chose. Quelqu’un a remarqué que les chances d’avoir le soutien financier auraient été hautes. Mais dans la vie je suis habituée de compter sur moi-même. Je ne crois pas qu’à certaine Ira Bel on va donner l’argent pour créer un film. Je n’ai pas de sponsors alors personne pour la publicité non plus. Peut être je me trompe.

– Ppourtant le Ministère de la culture a attribué la licence de diffusion à ce film. Les documents ont pris beaucoup de temps ?  

  • Je ne dirais pas. J’y suis venue sans idée précise, sans savoir quoi faire et comment. Mais on m’a bien accueillie et enregistré le drame. Ensuite je suis allée faire les documents dans l’établissement public « Kinovideoprokat ». Pour cela il a fallu ouvrir « l’entrepretariat individuel » car ils ne concluent pas de contrat avec une personne physique.

Le fait que le film a plu aux experts, donne l’assurance. On m’a donné trois jours pour la diffusion dans le cinéma « Pobeda ». Si pendant ces jours une mille et demie personnes viennent voir le film, il sera aussi diffusé dans d’autres salles de cinéma de Minsk. En automne les habitants de la région de Minsk vont voir « Zlo ». Après les diffusions j’envisage d’organiser un petit dialogue avec le public pour savoir ce que les gens aiment et quels films ils voudraient voir. .

– Et comment le film a été évalué par les experts? 

  • L’action du film se passe dans un village mais pas dans une grande ville comme Moscou ou Minsk. C’est le défaut principal signalé par les spécialistes. Mais cela vient du budget. Louer un bâtiment dans la capitale biélorusse me pourrait coûter trop cher. Je n’aimerais pas évoquer d’autres défauts car les spectateurs risquent d’aller les chercher dans le film. A mon avis, le sens n’est pas où tourner mais que dire par ce film.

– Avez-vous essayer de vendre les droits de diffusion de « Zlo » ? 

  • J’ai envoyé une proposition de collaboration à nos chaînes biélorusses et en Russie et j’attends le retour. Maintenant j’envisage de négocier avec la direction de la « Chaîne 8 ». Je pense aussi aux festivals et j’ai déjà envoyé quelques demandes dans les concours. Après la diffusion, plus proche à l’hiver, j’envisage de mettre le film en ligne.

Avoir le bénéfit n’est pas mon but. Le film a été créé pour les gens et pas pour le mettre dans l’armoire et oublier. Je serais très triste si personne ne vient à la première. Cela sera une catastrophe ! J’aimerais bien partager avec le public le sens de ma vie de dernières trois années.

tournage d'un film biélorusse dans un village - le cheval et l'acteur
Le cheval de village ne voulait pas se comporter « comme il faut » sur la plateforme de tournage. L’opérateur et le réalisateur couraient après la télègue espérant faire une bonne image. Deux heures plus tard ils ont réussi.

 

Information sur le réalisateur

Irina Bel est née à Minsk le 5 juillet 1983. En 2007 terminé l’Université agrare technique biélorusse avec la formation « économie et direction de l’entreprise ». En 2011 – terminé l’Académie des arts d’Etat biélorusse (spécialisation – « réalisateur du film vidéo »). Mariée, a deux enfants – Maxim et Mikhail.

Acquis créateurs: lauréate du festival international « Flaertiana-oline 2010 » (ville de Perm, Russie), du festival estudiantin publicitaire ukrainien (Kiev), du festival du jeune cinéma « Zelenoe yabloko » (Novosibirsk, Russie), du festival international de la publicité et marketing « Bely kvadrat » (Le carré blanc) (Minsk, Bélarus), du festival international du cinéma sain et positiv (Saint-Pétersbourg) et autres.

Actuellement rédige un scénario pour un nouveau film. Parmi les titres possibles – « Un compte pour Sasha » ou « Le rêve de Moscou ».  

Texte original de l’actualité en russe et source de photos:  http://news.tut.by/culture/405996.html (par Elena PUNTUS, BELTA

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Louyot Michel dit :

    CHAPEAU !

    J'aime

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