#MeAndMinsk avec Elena B.: « Malgré toute la popularité de l’anglais, je suis heureuse de lier ma vie au monde francophone »

Le projet #MeAndMinsk (#MinskEtMoi) se complète avec la première interview avec une Biélorusse francophone, découvrez ci-dessous pourquoi le français est sa passion !

– Elena, comment commence votre vie francophone, votre vie avec la langue française ? 

– J’ai commencé mon amitié avec la langue française depuis mon enfance. Je faisais mes études à l’école où on apprenait le français dès la première classe. Comme tous les enfants je ne comprenais pas un grand rôle de cette langue, mais pour moi elle était toujours très belle et magnifique. Apres l’école j’ai terminé l’Université Linguistique de Minsk (faculté de la langue française) et puis le master de l’Universite d’Etat et je travaille comme prof de français au gymnase. Je dirais que malgré toute la popularité de l’anglais, je suis heureuse de lier ma vie au monde francophone.

– Comment se fait l’apprentissage du français chez les petits enfants, comment ils voient cette langue et la culture ? Y a-t-il la différence avec l’âge ?

– Les petits sont très interessés et ça facilite mon travail avec eux. Ils posent beaucoup de questions et font du progrès, je suis très fière de ces enfants. Les adolescents sont un peu paresseux car ils ne comprennent pas à quoi ça sert en général l’apprentissage de n’importe quelle matière. Mais j’essaie de faire tout possible. Ils ont besoin d’une motivation très forte. Les adultes sont déà très motivés. Je peux dire qu’ils veulent apprendre le français car ils ont trouvé du travail dans un des pays francophones ou bien leurs futur mari/femme. Je connais deux jeunes femmes qui apprennent le français comme ça et elles travaillent très dur. Le résultat ne se fait pas attendre.

– Quelle est, à votre avis, l’attitude générale des Biélorusses par rapport au français et aux Français ? Une certaine image « mythe » très romantique de Paris, cela existe ? Est-ce que les gens qui parlent bien français, sont plus réalistes dans leur perception ?
– Bien, selon moi l’image de la France restera toujours spéciale, pays de l’amour et de la mode. Je dis à mes élèves que tout le monde peut parler anglais mais ce n’est pas tout le monde qui parle français. Cette langue donne du charme. Les gens l’aiment car selon eux le français est très beau, mélodieux et raffiné. Je constate qu’il est plus difficile à apprendre que l’anglais mais pour moi il est plus facile. A mon avis, c’est une langue qui est impossible à ne pas aimer.

-Avez-vous été à Paris et en France et si oui, quelle était votre première impression ?
– J’ai visité la France en 2010 en cadre de mon stage pédagogique. Bien sûr que j’étais trop impressionnée pas la beauté de ce pays. Je me rappelle un moment assez bizarre: moi et mon amie cherchaient les monuments historiques à Paris et nous nous sommes adressées à Monsieur qui a dit que Paris c’est déjà un grand monument historique. Il avait raison. J’ai des amis français qui sont très amicaux et ouverts, ils sont toujours prêts à aider. Pendant mes recherches scientifiques j’avais besoin du roman de V.Nabokov en français et mon ami me l’a envoyé. Juste j’ai demandé si c’est possible et il a fait cela. C’était très agréable et touchant. Voilà pourquoi je dis qu’une bonne attitude ne dépend ni de la nationalité ni de religion, soit on a cela soit non.

– Quelle est votre activité préférée avec le français ? 
– Mon activité préfèrée est le Club de français à Minsk. Ce club est assez jeune, il a presque 2 ans de son existence, il est gratuit et ouvert à tout le monde qui veut pratiquer ou juste écouter la langue française. Et bien sûr j’adore enseigner le français. Et encore j’aime écrire des récits en français.

– Comment avez-vous pris sous patronage la belle initiative de Minsk Club Français des samedis ? Quel est le public qui visite ? Comment animer ce club si les gens avec le niveau de langue différent y viennent ? 
– Le Club de français à Minsk… bon, c’est une longue histoire. Mon ami Kirill a créé ce club car il apprenait le français et voulait le pratiquer quelque part. Comme il n’a rien trouvé il a créé son propre club de français. Maintenant je suis la présidente car Kirill est occupé par un autre projet. Et je suis très heureuse de participer au Club. Il est gratuit et sera toujours gratuit pour tous les amateurs de la langue française. C’est vrai qu’il y a des gens au niveau différent mais nous essayons de créer une ambiance amicale et aider chacun à commencer à parler. Parfois nous organisons la conversation avec un sujet bien précis, parfois un jeu ou une simple conversation. Ce n’est pas seulement un lieu où on peut parler français, c’est aussi le lieu où on peut trouver des amis. Nous sommes en contact, nous passons le temps hors du club et c’est cool. Nous sommes ouverts à chacun qui veut bien passer le temps en faisant des amis et parlant français. Soyez bienvenues!

– Qu’est-ce que vous conseillerez à un visiteur francophone de faire et de voir au Bélarus ? 
– Moi, je suis tombée amoureuse de Grodno. Pendant mes études j’ai passé un week-end à Grodno, une ville magnifique. Elle est différente par rapport à ma ville natale (Bobrouisk)  et même par rapport à Minsk. Il y a des notes occidentales, des églises catholiques.

Eglise à Grodno Bélarus
Eglise à Grodno

– Avez-vous à Minsk vos lieux préférés? Vos activités préférées ? 

Minsk c’est mon amour. Là je me sens très à l’aise. Mon lieu préfèré c’est l’église de Simeon et Alena (l’église rouge) sur la place de l’Indépendance. C’est quelque chose de magnifique pour moi, j’adore cette église s’il fait beau ou s’il pleut, pendant la nuit ou le jour. C’est un lieu spécial pour moi malgré que je ne suis pas catholique.

église rouge à Minsk
Eglise rouge à Minsk, place Nezavisimosti

J’adore mon alma-mater, l’Université Linguistique de Minsk qui m’a donné beaucoup de connaissances.

Université linguistique d'Etat de Minsk
Plaque de l’Université linguistique d’Etat de Minsk

La Bibliothèque Nationale a la troisième place dans ma liste.

Bibliothèque Nationale
Bibliothèque Nationale de Minsk

Du coup à Minsk il y a beaucoup de lieux pitoresques, le Bélarus est un pays très beau. Mon coeur bat très fort quand je vois mes amis étrangers admirer notre capitale, tout le monde note que les rues sont très propres et les gens sont prêts à aider. C’est cool ça !

– Quels projets en commun franco-biélorusses pourraient réussir, à votre avis ?
Selon moi les projets éducatifs pourraient bien motiver les jeunes à apprendre le français. Le club de l’UNESCO a organisé le camp linguistique Le Pont de Français en 2013/2014 et c’était très bon!

Merci !

Photos: de l’archive personnelle d’Elena faites par elle-même

Interviews précédentes:

#MeAndMinsk, Loïc R.: « La qualité de vie ici est supérieure qu’à Paris »

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