#MeAndMinsk projet avec Yohan C.: « C’est ça qui m’impressionne le plus ici, penser à l’autre avant de penser à soi ! »

On vous présente une nouvelle interview du projet #MeAndMinsk (#MinskEtMoi) avec Yohan qui décrit ses impressions du séjour au Bélarus.

– Te souviens-tu de la toute première impression du pays quand tu es venu pour la première fois ? A-t-elle changé avec le temps, cette impression ?  

J’avais l’impression d’arriver dans la campagne car j’étais dans le train en provenance de Vilnius, le trajet était long. Et quand nous avons pénétré le territoire biélorusse, je regardais par la fenêtre, et ne voyais que des villages et de la verdure, jamais de ville… Je me demandais : Mais dans quel coin paumé vais-je atterrir ? Depuis, je me suis habitué à la ville de Minsk, à ses transports, à ses restaurants, et à ses habitants. Minsk a tout d’une grande ville urbaine. Mais mon impression de village et d’espace rural restait toujours la même quand dans l’année, nous sommes allés à l’extérieur de Minsk.

– Tes souvenirs de ce séjour :

 La qualité d’accueil et la générosité des biélorusses, leur sens du partage, les jolies femmes, les enfants joyeux et heureux (car je rencontrais souvent des groupes d’enfants apprenant le français dans le cadre de mes études en Biélorussie). Et enfin, je pratiquais diverses disciplines autour des arts de la scène, et ce que j’en retiens surtout, c’est le visage, les paroles, l’énergie, la passion, l’exigence, et la bienveillance de mes professeurs. Ce furent des profs pas comme les autres, en France, des pédagogues comme ça, il n’y en a pas ou peu. Je souligne aussi les efforts démesurés et constants de nos traducteurs/coordinateurs qui ont facilité mon séjour et mon apprentissage à Minsk et autour de Minsk. Mais, vraiment, quand ces personnes pensent elles à elles même ? Et c’est ça qui m’impressionne le plus ici, penser à l’autre avant de penser à soi !

théâtre de la dramaturgie biélorusse à minsk

Théâtre de la dramaturgie biélorusse à Minsk

RTBD entrée (théâtre de la dramaturgie biélorusse à Minsk)
L’affiche de notre spectacle (Nous sommes affichés) sur les portes du RTBD

– Ce que tu aimais faire :

Rencontrer des gens, parler russe, manger au restaurant, faire les magasins, simplement marcher dans la ville.

 L’église rouge et les cigognes à Minsk
L’église rouge et les cigognes

– Ce que tu n’aimais pas :

 Je vivais en colocation, et ce fut difficile pour moi car j’aime bien rester seul et m’occuper de mes affaires comme je l’entends. J’aimais pas mon emploi du temps, qui était chargé et le travail trop intensif auquel je participais ? Il m’aurait fallu plus de temps et plus de liberté créatrice. Mais tous ces paramètres, c’est vraiment en fonction de ma personnalité. Il n’y a rien que je n’ai pas aimé objectivement durant ce séjour à Minsk !

– Ce qui te surprend le plus :

 L’apparente félicité ou le bonheur des gens. En France, on ne saurait situer le Bélarus sur une carte, on se dit que cela appartient à la Russie, et on y associe bon nombre de clichés et d’images négatives. Or, ici, les gens semblent heureux, et je vois énormément de jeunes couples, et aussi de jeunes femmes déjà mariées, et les biélorusses ont des enfants très tôt. Mais pourtant, c’est un pays pauvre, et les gens travaillent très très dur, tellement pauvre que beaucoup cumulent plusieurs emplois. Comment peut on alors faire des enfants si tôt vu la charge de responsabilités qu’implique d’avoir un enfant. Bien sûr, ici c’est une tradition et ensuite on laisse les grands-parents s’en occuper. Mais quand même, c’est entièrement différent en France et en Europe où l’on attend à tout prix d’avoir terminé nos études et obtenu une situation stable, ce qui arrive entre 25 et 30 ans en général.

Et pire encore que la pauvreté, l’histoire du pays, les traces laissées par la seconde guerre mondiale.

Ce pays a certainement été celui qui a le plus souffert en Europe et on ne le sait pas. Ça, c’est très surprenant et les Biélorusses, de plus, tendent eux même à oublier leur propre histoire et leur propre langue, au fur et à mesure que les générations avancent.

marché Komarovski Minsk
Les 70 ans de la Victoire s’affichent partout même devant le grand Marché.

 – Quelle activité tu conseillerais à un visiteur francophone qui vient pour la première fois ?

 Justement pour comprendre le destin tragique du pays et comprendre ce qui s’est passé pour les habitants de ce pays et ce qui hante leurs descendants, je conseille de visiter le musée de la Seconde Guerre Mondiale.

Et ensuite, pour toujours mieux approcher, et communiquer avec les biélorusses, d’autant qu’ils apprécient beaucoup quand les étrangers (que l’on compte sur les doigt d’une main, tellement ils sont rares) parlent leur langue, je conseille d’apprendre le russe.

 Le russe est une langue riche et très intéressante, et amusante à apprendre. Surtout quand on a un bon professeur !!

Merci !

Photos: de l’archive personnelle de Yohan faites par lui-même au Bélarus 

Les autres publications du projet: 

#MeAndMinsk avec Benoit G.: « Contrairement à la France, tout reste ouvert le dimanche là-bas »

#MeAndMinsk avec Elena B.: « Malgré toute la popularité de l’anglais, je suis heureuse de lier ma vie au monde francophone »

#MeAndMinsk avec Jean-Marc: « Mon opinion a changé à 100 % »

#MeAndMinsk avec Nicolas S.: « Il faut s’arrêter au feu rouge (difficile pour un Parisien !) »

#MeAndMinsk, Loïc R.: « La qualité de vie ici est supérieure qu’à Paris »

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