Jean-Louis Armand: “J’essaie de faire connaître le Bélarus”

Au début juin en France s’est tenu le Salon de l’habitat où pour la première fois des saunas en bois bélarusses ont été exposés. Cela est devenu possible grâce à une préparation soigneuse et plusieurs années de travail de Jean-Louis Armand qui est heureux de voir de l’ajiotage autour des produits des artisans bélarusses. “Comme quoi avec du travail et de la patience c’est possible et c’est très satisfaisant. C’est un excellent outil de promotion du pays, avoue-t-il, mais pas le seul”. 

saunas biélorusses en bois exposés en France

saunas biélorusses en bois exposés en France

Ce salon a servi de prétexte pour présenter le Bélarus en général. Jean-Louis a visité notre pays plusieurs fois alors peut parler de l’établissement de liens économiques mais aussi du potentiel touristique du Bélarus.

Jean-Louis Armand

Avec mes partenaires nous travaillons avec des entreprises bélarusses et rencontrons un vif succès. C’est très encourageant. Je tenais à faire venir ces produits pour avoir quelque chose d’atypique pour marquer les esprits et montrer le savoir-faire des artisans bélarusses.

– Votre enthousiasme et persévérance viennent d’où ?

De ma passion pour le Bélarus. Je l’ai visité trente fois, j’ai fait beaucoup de contacts. Vous avez un savoir-faire artisanal admirable que nous aimerions faire découvrir en France et par la suite dans d’autres pays avec lesquels nous travaillons comme l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas.

– C’est une réalisation à laquelle vous êtes arrivé malgré des contraintes …

Oui, la plus grosse difficulté se trouvait au secteur bancaire. J’ai mis six mois pour persuader une banque d’assurer les transactions et payer les achats en provenance du Bélarus. Puis il y a eu des contraintes administratives et au niveau du transport…. Nous avons beaucoup travaillé avec l’Ambassade du Bélarus en France notamment M.Malevich, et finalement je vois que c’est possible.

Église orthodoxe à Minsk

Par contre, seulement quelques grandes entreprises françaises sont représentées au Bélarus comme Peugeot, Danone, Lactalis etc. Et ce sont PME, petites et moyennes entreprises, force motrice de la France, son poumon économique qui n’y sont pas du tout présentes. C’est sur ce développement que nous travaillons avant tout.

– Avez-vous eu des contraintes vis-à-vis de la mentalité ?

Le temps de réaction au Bélarus est souvent très long. Nous sommes habitués à pouvoir obtenir des informations nécessaires plus rapidement.

– Quels produits ou branches françaises voudriez-vous voir au Bélarus ?

Ce seraient les produits de l’Excellence française. Le savoir-faire français serait très utile au Bélarus – par exemple dans le domaine du bois, mobilier. On cherche alors à établir des partenariats avec les artisans bélarusses.

– Vous avez commencé avec des dérivés du bois, textile… Quels autres produits ou industries bélarusses auraient du potentiel pour la collaboration économique (même si ce n’est pas votre domaine d’intérêts) ?

L’industrie mécanique qui n’est pas très exploitée en Europe, la production d’automobiles de carrière comme BelAZ, les engins agricoles. Aussi l’agriculture en général car vous avez une grande diversité des légumes. La gastronomie bélarusse est intéressante par exemple la variété des fromages et surtout la charcuterie – là il y a un éventail incroyable. D’ailleurs j’adore aller au marché Komarovsky à Minsk, c’est un endroit superbe !

– En tant que visiteur, quels changements avez-vous remarqué au pays et dans les rapports franco-bélarusses depuis votre première visite en 2014 ?

Premièrement c’est l’entrée sans visa pour cinq jours. On sent que grâce à cela un nouveau public intéressé arrive – de l’Italie, Allemagne, Angleterre et très peu de la France. Deuxièmement, on voit la politique d’ouverture au niveau des hôtels, structures d’Etat qui participent plus activement aux salons etc.

– Pourquoi les Français sont peu nombreux à venir ?

Le Bélarus n’est pas très connu en France. Ensuite, les Français sont assez fainéants en langues et ont peur de se retrouver dans un pays où il vaut mieux parler anglais ou russe car peu de gens connaissent le français.

– Qu’est-ce qui pourrait aider à augmenter le flux touristique notamment des francophones à votre avis ?

Il faudrait axer la politique du tourisme sur les jeunes (18-25 ans) nomades, c’est ma réflexion personnelle.  En général il y a trois ou quatre axes du tourisme de niche qu’on pourrait développer pour le Bélarus:
— la pêche
— la chasse (même si je ne l’aime pas du tout)
— le tourisme lié aux soins naturels et services médicaux.

Vous avez un potentiel incroyable : lacs, réserves naturelles Berezinsky, Braslav, un patrimoine phénoménal. Mais il faut bien communiquer tout cela, s’organiser pour proposer des séjours et visites ficelées. Il faudrait plus de brochures en français librement distribuées. Il y a des choses à faire à ce niveau-là.

paysages biélorussie forêts
Photo: Alex Ugalnikov

– Quels sont d’autres points faibles dans le tourisme ?

Ce qui reste une contrainte importante, c’est l’enregistrement au bureau d’immigration (si on n’est pas dans un hôtel) car là les salariés ne parlent même pas anglais. Il vaut mieux y aller en compagnie d’un(e) Bélarusse ou interprète pour se sentir plus à l’aise.

Puis cinq jours sans visa c’est trop peu pour le tourisme sauf peut être le tourisme d’affaires.

– Quelles sont vos villes bélarusses préférées ?

Vitebsk, je l’adore, avec surtout ses forêts et lacs autour, et sans oublier Marc Chagall.

Vitebsk Bélarus
Photo: Yuri Velitchenko
nature biélorusse Vitebsk
Photo: Yuri Velitchenko

J’ai beaucoup aimé me promener à Brest qui a une atmosphère agréable surtout grâce à ses rues piétonnes et cafés nombreux – ce qui manque à Minsk.

brest bélarus rue piétonne
Photo: yandex.by collections

Quant à la capitale bélarusse, là je ressens un savant mélange de quiétude et d’effervescence, c’est une ville calme et joyeuse à la fois, c’est une ville qui bouge. A Minsk je n’ai jamais eu de problèmes à toute heure de la journée ou nuit, c’est très sécurisé. En plus, dans les lieux publics et transports en commun j’ai remarqué un vrai sens du respect de l’autre – par exemple dans la salle d’attente de la gare les gens chuchotent, au métro ou dans un bus on fait attention pour ne pas gêner son voisin, on aide les personnes âgées. C’est ce qui disparaît en France. D’ailleurs j’aime bien prendre le bus car c’est là qu’on voit les gens.

minsk de nuit
Photo: Alexander Fankovin
  • Et pour conclure…

J’aime votre pays. J’essaie de faire connaître avec mes moyens le Bélarus. De plus avec mon activité nous avons aujourd’hui la possibilité de travailler et de faire vivre des artisans bélarusses. Je suis prêt à aider mes compatriotes si ils souhaitent venir découvrir le Bélarus.

  • Merci beaucoup ! 

Photos: fournies par Jean-Louis Armand sauf crédits mentionnés

 

 

 

 

 

 

One Comment Add yours

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.